26/1/2026
3/2/2026
Nouveautés loi LME 2026 : Facturation électronique généralisée et e-reporting

La loi LME (Loi de Modernisation de l'Économie) encadre depuis 2008 les délais de paiement entre entreprises en France. Mais 2026 marque un tournant majeur : l'obligation de facturation électronique et l'e-reporting vont transformer en profondeur la gestion des factures, la trésorerie et les cycles de paiement des PME et TPE.
Si l'on parle souvent de "délais de paiement", la vraie révolution de 2026 concerne la digitalisation obligatoire de la facturation et la transmission automatique des données à l'administration fiscale. Un sujet concret qui touchera presque toutes les entreprises françaises, quels que soient leur taille ou leur secteur.
Pour les dirigeants, DAF et responsables financiers, cette réforme n'est pas qu'une contrainte administrative : c'est une opportunité de repenser entièrement le pilotage de trésorerie, les relations clients-fournisseurs, et le besoin en fonds de roulement (BFR).
Ce qu'il faut retenir des nouveautés 2026
🔹 Rappel : Les règles LME sur les délais de paiement
Depuis 2008, la loi LME impose des délais de paiement maximaux entre professionnels établis en France :

- 60 jours maximum à compter de la date de facture
- Ou 45 jours fin de mois si prévu au contrat
- Des exceptions sectorielles existent (agroalimentaire, spiritueux, jouets, matériel agricole...)
En 2026, ces règles restent en vigueur et les contrôles se renforcent. Les sanctions peuvent atteindre 2 millions d'euros d'amende pour les entreprises qui dépassent systématiquement les délais légaux.
Ces règles, inscrites dans le Code général des impôts et le Code de commerce, s'appliquent à toutes les transactions entre professionnels, qu'il s'agisse de livraison de biens, de prestation de services de paiement, de prestations de services informatiques, de contrats de sous-traitance industrielle ou bien encore de transport de marchandises.
Les pénalités de retard sont automatiquement dues en cas de dépassement, calculées sur la base du taux directeur de la BCE majoré de 10 points.
🔹 La grande nouveauté : Facturation électronique généralisée
Dès le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront être en capacité de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée (PA), et les grandes entreprises devront également émettre leurs factures dans ce format.
Cette obligation change profondément la manière de :
- Émettre et recevoir des factures entre entreprises (B2B)
- Transmettre des données de transaction et de paiement à l'administration (e-reporting)
- Gérer les cycles de facturation et de recouvrement
Les nouvelles mentions obligatoires sur vos factures :
- Le numéro SIREN du client (identification fiscale)
- L'adresse de livraison des biens si différente de l'adresse de facturation
- La nature des opérations : préciser s'il s'agit exclusivement de livraisons de biens, de prestations de services, ou des deux
- Le paiement de la TVA sur les débits (si vous avez opté pour ce régime)
🔹 E-reporting : l'autre volet de la réforme 2026
En plus de la facturation électronique B2B, vous devrez transmettre à l'administration les données de vos autres transactions :
- Ventes à des particuliers (B2C)
- Ventes à des entreprises non établies en France
- Ventes à des non-assujettis à la TVA
Objectif : Donner à l'administration une vision complète de votre activité commerciale en temps réel, pas seulement des transactions B2B.
🔹 Calendrier progressif selon la taille de l'entreprise
Réception de factures électroniques :
- 1er septembre 2026 : obligation pour TOUTES les entreprises (grandes, ETI, TPE et PME, micro-entreprises)
Émission de factures électroniques :
- 1er septembre 2026 : Grandes entreprises et ETI
- 1er septembre 2027 : TPE et PME (petites et moyennes entreprises)
E-reporting (transmission des données de transaction) :
- Même calendrier que l'émission de factures
- Concerne aussi les opérations B2C et avec des clients hors de France
💡 Important : Ce calendrier étalé est crucial pour anticiper la mise en conformité sans perturber son activité. Les entreprises qui attendent la dernière minute risquent de subir des difficultés opérationnelles majeures.
Pourquoi cette réforme est un tournant pour les PME/TPE ?
Modernisation et conformité
La réforme oblige à :
- Utiliser une plateforme agréée (PA) pour toutes les factures B2B
- Abandonner les factures PDF envoyées par email
- Intégrer les données structurées dans les échanges avec l'administration
- Ajouter de nouvelles mentions obligatoires : numéro SIREN du client, adresse de livraison si différente, nature des opérations (biens/services)
C'est un pas vers plus de transparence fiscale, mais aussi plus de rigueur opérationnelle.
La dématérialisation des factures ne se limite pas à envoyer un PDF par email : elle implique des données structurées au format XML ou JSON, une signature électronique garantissant l'authenticité et l'intégrité, et une transmission via des canaux sécurisés conformes aux normes fiscales.
Les impacts directs pour les entreprises
Beaucoup d'entreprises qui gèrent encore leurs factures via Word, Excel ou fichiers PDF simples devront :
- Revoir leurs process internes de facturation et comptabilité
- Choisir une plateforme agréée compatible avec leur logiciel actuel
- Former leurs équipes aux nouveaux outils et procédures
- Éventuellement investir dans une solution ou adapter leur ERP
Ce passage à l'électronique peut être une source de complexité s'il est mal anticipé. Mais c'est aussi l'occasion de moderniser des processus souvent obsolètes.
Les objectifs de l'administration fiscale
Cette réforme vise plusieurs objectifs :
- Lutter contre la fraude à la TVA grâce à la traçabilité en temps réel
- Améliorer la compétitivité des entreprises par la dématérialisation
- Réduire les délais de paiement grâce à des échanges plus rapides
- Simplifier les déclarations de TVA à terme (pré-remplissage automatique)
- Améliorer la connaissance de l'activité économique en temps réel
Impact sur la trésorerie et gestion du BFR
Même si l'obligation est avant tout fiscale et technique, elle a des conséquences financières directes pour les PME et TPE.
Accélération potentielle des cycles clients
La facturation électronique peut :
- Réduire les erreurs de saisie et les factures perdues
- Accélérer les échanges entre émetteur et destinataire
- Donner une meilleure visibilité sur les paiements en cours et à venir
- Faciliter le suivi grâce à l'horodatage automatique
En théorie, ces mesures devraient avoir un impact positif sur les délais de paiement en France, un sujet que nous avons déjà traité dans cet article sur l'impact négatif des retards de paiement pour les PME/TPE.
On peut facilement imaginer une facture électronique arriver instantanément et être traitée plus rapidement.
Un décalage de trésorerie toujours d'actualité
Attention : même numérique, une facture ne se transforme pas magiquement en cash.
Les délais LME restent en vigueur :
- Si votre client paie à 60 jours, vous attendez toujours 60 jours
- Si vous devez payer vos fournisseurs à 30 jours, vous avez toujours 30 jours de décalage à financer
Les variations du BFR restent présentes. La facturation électronique améliore la visibilité et peut réduire les retards, mais n'élimine pas le décalage structurel entre encaissements et décaissements.
Comment anticiper et se préparer à la loi LME
La préparation est essentielle pour éviter de se retrouver en difficulté à l'approche des échéances.
1. Choisir sa plateforme agréée (PA) dès maintenant
- Consulter la liste officielle des plateformes agréées publiée par la DGFIP
- Comparer les fonctionnalités, tarifs et compatibilité avec vos outils actuels
- Vérifier si votre logiciel de facturation actuel devient "solution compatible"
- Tester les workflows avec votre équipe comptable et financière
💡 Astuce : Si vous utilisez déjà un logiciel de facturation ou un ERP, contactez votre éditeur pour savoir s'il sera compatible avec la réforme. Beaucoup s'adaptent pour devenir des "solutions partenaires" des PA.
2. Revoir vos processus de facturation et comptabilité
- Cartographier votre processus actuel : qui émet les factures ? Comment sont-elles transmises ? Qui les valide ?
- Identifier les points de friction : tâches manuelles, ressaisies, validations multiples...
- Former vos équipes aux nouveaux outils et aux nouvelles mentions obligatoires
- Mettre en place des procédures claires pour l'émission et la réception de factures électroniques
3. Piloter son BFR avec des outils adaptés
L'objectif n'est plus seulement de « subir » les délais de paiement, mais de les anticiper et les financer intelligemment.
Actions concrètes :
- Calculer votre Cash Flow actuel
- Identifier les périodes de tension de trésorerie (haute saison, décalages clients/fournisseurs)
- Prévoir des solutions de financement court terme pour absorber les pics de BFR
4. Le financement Karmen adapté à ce nouveau contexte
Karmen propose des solutions de financement flexibles pour accompagner les PME et TPE dans ce contexte réglementaire renforcé :
🔹 Financement court terme (1 à 24 mois) Karmen Loan
- Absorber les décalages de trésorerie liés aux délais de paiement
- Financer les investissements sans attendre les encaissements clients
- Lisser les flux de trésorerie sur l'année
🔹 Affacturage nouvelle génération (Karmen Factor)
- Convertir vos factures clients en cash immédiat
- Sans transférer la dette ni interférer dans vos relations clients
- Ligne de crédit basée sur votre facturation réelle
Pour vous aider à visualiser votre trésorerie, Karmen vous propose de télécharger gratuitement ce modèle de budget prévisionnel :

Sanctions en cas de non-conformité
Les entreprises qui ne respectent pas l'obligation de facturation électronique s'exposent à :
Sanctions administratives :
- 15 € par facture non conforme
- Plafonné à 15 000 € par an
Sanctions pour retard de paiement et non-respect des délais LME :
Les pénalités en cas de retard de paiement entre professionnels sont régies par le Code général des impôts et le Code de commerce :
- Pénalités automatiques : intérêts de retard calculés dès le premier jour de retard (taux BCE + 10 points)
- Indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement par facture payée en retard
- Amende administrative jusqu'à 2 millions d'euros pour les entreprises qui dépassent systématiquement les délais légaux
- Publication des sanctions sur le site de la DGCCRF
- Risque accru d'impayés et de dégradation des relations commerciales
💡 La facturation électronique facilite la preuve de la date d'émission de la facture et donc le calcul automatique des pénalités de retard.
Conclusion
La loi LME 2026 n'est pas qu'un changement technique : c'est une opportunité pour une gestion plus rigoureuse de vos factures, mais aussi une raison de repenser votre pilotage de trésorerie.
Les délais de paiement légaux restent en vigueur, mais la facturation électronique obligatoire va :
- Accélérer les échanges
- Réduire les erreurs
- Améliorer la traçabilité
- Renforcer les contrôles fiscaux
Pour autant, le décalage entre émission et encaissement des factures subsiste. C'est là que des solutions de financement court terme comme celles proposées par Karmen prennent tout leur sens : vous permettre d'absorber ces décalages sans fragiliser votre trésorerie.
Que vous ayez à facturer des biens ou des prestations de services, que vous soyez TPE, PME ou grande entreprise, la dématérialisation des factures devient la norme. Votre facture doit désormais comporter une signature électronique, être émise via une plateforme agréée, et inclure les nouvelles mentions obligatoires du Code général des impôts.
Cette rigueur renforcée permet de mieux lutter contre les retards de paiement, les impayés, et d'appliquer automatiquement les pénalités légales dès 2026.